Histoire du cacao : culture, commerce et transport

La culture du cacao

Les cacaoyers poussent exclusivement dans des régions bénéficiant de conditions spécifiques. La ceinture cacaoyère est une bande de terres proches de l’Équateur, entre 20° de latitude nord et sud. La plupart du cacao est même cultivé à moins de 10° de l’Équateur.

Le sol doit être assez meuble et le climat humide. Les températures doivent varier entre 18 et 30 degrés Celsius et les précipitations doivent être assez homogènes, avec un minimum de 1 000 mm par an. Les cacaoyers ne doivent pas recevoir trop de soleil ni trop d’ombre. La culture du cacao est possible jusqu’à 1 000 m au-dessus du niveau de la mer, mais la plupart du cacao est cultivée à moins de 300 m.

Les pays producteurs de cacao

La culture du cacao s’est tout d’abord étendue dans les zones voisines de l’habitat d’origine du cacaoyer : du Brésil et du Mexique vers l’Amérique centrale et les Caraïbes. Au XVIe siècle, les Espagnols ont introduit le cacao dans l’archipel indonésien ainsi qu’en Afrique occidentale, région qui produit aujourd’hui plus de la moitié de la récolte annuelle mondiale. La production a également beaucoup augmenté en Asie du Sud-Est.

Le cacao est cultivé dans plus de 35 pays. La zone cultivée occupe entre 3,5 et 4,5 millions d’hectares. Cette zone produit chaque année quelque 3,5 millions de tonnes de fèves de cacao. Les principaux pays producteurs de fèves de cacao sont les suivants :

Côte d’Ivoire

1 796 000 tonnes

Ghana

740 000 tonnes

Indonésie

325 000 tonnes

Equateur

250 000 tonnes

Cameroun

232 000 tonnes

Brésil

230 000 tonnes

Nigeria

195 000 tonnes

Pérou

85 000 tonnes

République dominicaine

82 000 tonnes

Source : ICCO, 2014/15

 

Une culture vulnérable

Les conditions climatiques exercent une influence prononcée sur le volume de la récolte. Toutes les conditions mentionnées plus haut limitent le nombre de zones propices à la cacao culture. Dans le passé, on a essayé de cultiver du cacao dans d’autres régions mais malgré les premiers succès apparents, ces tentatives ont fini par échouer. Le gel, les épidémies et les insectes nuisibles ont parfois détruit des plantations entières en très peu de temps. Le cacaoyer est non seulement exigeant en ce qui concerne l’emplacement, le sol et le climat, mais il est aussi sensible aux maladies végétales, aux infections fongiques et à l’infestation par les insectes ou les rongeurs. Pour cette raison, les plantations modernes consacrent une attention particulière à la protection des cultures. Une plantation moderne efficace peut produire environ 1 500 kg par hectare, soit plus de quatre fois le rendement moyen des arbres il y a 100 ans.

Trois sous-espèces dans le stock des pépinières

Les fèves de cacao possèdent des propriétés différentes en fonction du sol, du climat et de la méthode de culture. Les trois principales sous-espèces reproduites en pépinière sont le criollo, le forastero et le trinitario. Chacune de ses sous espèces possède ses propres caractéristiques. Le Criollo est plus léger et plus délicat, avec un arôme fin. Le Forastero est une espèce à haut rendement, qui supporte mieux les écarts climatiques et qui est donc devenu la variété la plus courante. Le Trinitario est une forme hybride de criollo et de forastero. On ne peut pas affirmer qu’une des sous espèces de cacaoyer soit supérieure aux autres. Chaque variété possède ses propres propriétés chimiques et physiques. De plus, le cacao, comme le café par exemple, est loin d’être une matière première uniforme. Tout l’art du fabricant consiste à mélanger divers types de fèves de cacao afin d’assurer une qualité élevée et uniforme des produits.

Comment reconnaître un bon lot de fèves ?

Un bon lot se compose de fèves de cacao complètement fermentées et de taille raisonnablement uniforme. Ces lot doivent contenir peu de fèves brisées, d’insectes ou de coques. Chaque lot doit être contrôlé en termes de goût, d’arôme, de couleur, de taille, de teneur en matière grasse, de moisissures, de pourcentage de coques et d’autres impuretés. Tous ces facteurs déterminent conjointement la valeur de marché d’un lot. Évidemment, l’offre et la demande sur le marché mondial sont les principaux facteurs de la formation des prix.

L’offre et la demande : le commerce de cacao

Dans les pays producteurs, les négociants locaux et les organisations de vente centralisée préparent le cacao à l’exportation. Dans ces pays, les négociants, les acheteurs, les courtiers et les agents sont les opérateurs qui se chargent conjointement de la commercialisation. Ils décident de la qualité, du moment et du lieu de livraison et de la quantité à vendre. L’offre étant extrêmement sensible aux variations climatiques, le prix du cacao peut augmenter ou diminuer considérablement pendant l’année. Les acheteurs, c’est-à-dire l’industrie de transformation de cacao et ses clients, souhaitent naturellement se protéger contre les fluctuations des prix. Le marché à terme du cacao a été créé pour réduire ces incertitudes.

Le marché à terme

Le prix mondial du cacao est déterminé par le marché à terme. Sans avoir besoin de se rencontrer, les acheteurs et les vendeurs peuvent conclure des contrats sur les livraisons à terme de fèves de cacao sur le marché à terme. Au moment de la négociation, les fèves de cacao en question n’ont généralement même pas commencé à pousser, ce cacao encore inexistant offrant une opportunité de commerce mondial dynamique et passionnante. Les contrats sont enregistrés à la chambre de compensation. À travers cet organisme, un engagement de livraison peut être annulé par la conclusion d’un contrat de vente pour la même quantité et le même mois de livraison. La chambre de compensation détermine les différences de prix. Les marchés à terme les plus importants sont ceux de Londres et de New York. L’évolution des prix peut être suivie de près où que l’on se trouve dans le monde.

Le négoce comme facteur de marché

Il est fréquent que les fèves de cacao traversent la moitié de la planète avant d’être transformées. Il n’est donc pas surprenant que le négoce international de cacao joue un rôle important pour surmonter les différences d’heure, de lieu et de prix. Les producteurs souhaitent vendre quand le prix est élevé tandis que les acheteurs préfèrent acheter quand le prix est bas. Entre les deux se trouve le négociant, qui est disposé à acheter à des prix élevés et à vendre lorsque les prix diminuent. Cela peut sembler illogique, mais les négociants se couvrent contre les risques au moyen des contrats à terme. Ils se protègent ainsi eux-mêmes, ainsi que leurs fournisseurs et leurs acheteurs, contre les fluctuations de prix, tout en gagnant de l’argent dans cette négociation. Les négociants fournissent à leurs clients des services supplémentaires, par exemple en finançant les transactions à l’avance au nom de leurs fournisseurs ou des acheteurs ou bien en assurant l’obtention de certains types de cacao pour leurs clients, que ces derniers auraient pu acheter dans des conditions moins avantageuses sans cette intervention.

Une source de revenus importante

En tant que matière première, le cacao est une source importante de revenus pour de nombreux pays producteurs. Cependant, les rendements peuvent varier d’une année à l’autre. Il n’est donc pas surprenant que les gouvernements de ces pays soient étroitement impliqués dans les fluctuations de la production et des exportations de cacao et que des traités internationaux aient été conclus pour soutenir ces pays, le Traité de Lomé étant l’exemple le plus connu. Selon ce traité, l’Union européenne s’engage à ne pas imposer de droits à l’importation sur le cacao provenant d’un certain nombre de pays producteurs. Dans le passé, des tentatives de stabilisation du prix du cacao ont été faites, via l’introduction d’accords à long terme sur les prix dans les traités entre les pays producteurs et consommateurs. Cependant, ces traités ne se sont pas avérés viables dans la pratique. Au début des années 1990, certaines nations d’Afrique occidentale ont privatisé leur secteur des matières premières et ce processus se poursuit aujourd’hui.

Transport et entreposage

La préservation de la qualité de la fève de cacao exige de prendre des mesures particulières. Le climat chaud et humide des pays d’origine n’est pas idéal pour l’entreposage et la transformation.

Autrefois, les fèves de cacao étaient expédiées dans des sacs de toile de jute grossière. Depuis quelques années, le transport en vrac de cacao directement versé dans des conteneurs, est devenue de plus en plus courant. Il est probable que la plupart du transport de cacao finisse par s’effectuer sous cette forme, avec des conséquences notables pour le négoce de cacao ainsi que pour le chargement et le déchargement des navires.

Un emplacement idéal

Les ports cacaoyers doivent être bien situés par rapport à l’industrie de transformation du cacao. C’est le cas du port d’Amsterdam, ce qui explique pourquoi cette région constitue le plus grand entrepôt de cacao du monde.

Les sociétés d’entreposage

À l’arrivée, les sociétés d’entreposage vérifient la qualité et/ou le poids des cargaisons en prélevant des échantillons de chaque lot et en séparant la marchandise endommagée. Ces sociétés se chargent également de remplir les documents et de régler les dommages éventuels. Les sacs ou les conteneurs sont stockés dans les entrepôts ou directement expédiés vers l’industrie de transformation de cacao. Par ailleurs, les silos modernes permettent de produire des mélanges de cacao selon les spécifications du client. Le transport s’effectue en camion, chemin de fer ou navire.

Outre l’aspect logistique, les sociétés d’entreposage et d’inspection ont d’autres fonctions importantes. Leurs entrepôts abritent également, dans des conditions rigoureusement contrôlées, les lots stockés pour le marché à terme de Londres – le London International Financial Futures and Options Exchange (LIFFE). Il est donc logique que les sociétés d’entreposage soient réputées pour leur fiabilité et leur connaissance de la logistique ainsi que pour leur flexibilité.

Ressources
QUIZ
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TERMINOLOGY

Cocoa powder

The finely ground particles obtained from the mechanical disintegration of cocoa press cake.

Expeller cocoa press cake

Cocoa beans or cocoa dust or both with or without cocoa nib, cocoa mass, cocoa press cake, fat-reduced cocoa press cake or any combination of two or more thereof which has been converted by the expeller process to a solid compressed mass.

Cocoa press cake

Cocoa nib or cocoa mass converted by pressure by a mechanical process to a solid compressed mass.

Cocoa mass (also called Cocoa liquor)

Cocoa nib, mechanically processed to a paste, which retains the natural fat content of cocoa nib.

Cocoa nib

The cotyledon of roasted or unroasted cocoa beans containing a residue of shell or germ not exceeding 5 per cent calculated on the dry defatted matter and an ash content not exceeding 10 per cent calculated on the dry defatted matter.

Sound

"Sound" when applicable to cocoa products shall mean full and undamaged cartons and/or packages.